Anne O’aro

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Ann O’aro aime tout ce qui touche au mouvement du corps, des rythmes et de la voix : « Je viens des arts martiaux et de la musique, avant de choisir le maloya pour chanter sur des sujets intimes et tabous ». Son écriture sauvage s’imprègne des langages accidentés ou des tics langagiers : une fulmination poétique branchée sur les tabous insulaires et les émotions fortes, la violence sexuelle, l’inceste et la passion amoureuse. Comme dans Kap Kap, une de ses chansons écrite dans le créole de la Réunion, son île natale. Un fonnkér cru et cinglant qui décrit l’étreinte d’un père incestueux, qui embrasse la folie et la violence d’une pulsion criminelle dans toute sa banale sauvagerie : « Amoin, marmay, bonom, lo lou, tousala ansanm, mi mor pour rash aou in kri, kan mêm sa pal amour / Moi l’enfant, l’homme, le loup, tout à la fois, je meurs de t’arracher un cri, à coup de griffes, à coup de queue, même si ce n’est pas un cri d’amour ». Et le chant d’Ann jaillit. Un chant qui plonge dans la réalité et n’a pas peur des ombres.

Fanny Ménégoz rencontre Ann O’aro en 2016 lors d’une création pour le festival africolor, et enregistre quatres morceaux, qu’elle arrange et/ou co-écrit, sur son premier album « Ann O’aro ».

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